25.05.2011
Yves Le Reste, professeur sans frontière

Breton 100% pur beurre, Yves Le Reste est originaire de Brest par son père et de Nantes par sa mère.
A l’âge de 20 ans, Yves quitte sa Bretagne natale pour poursuivre ses études au Conservatoire des Arts et Métiers en Anjou, c’est aussi là qu’il fera la connaissance de sa femme Véronique.
C’est en 1989 que le jeune couple quitte la France en direction du Brésil, sa femme ayant une opportunité d’emploi sur Rio. Ils y passeront trois ans, Yves occupant une fonction de précepteur.
La fin du contrat annonce un nouveau départ, vers le Maroc cette fois. Après un retour en France pour donner naissance à leur première fille Enora, les jeunes parents s’envolent vers Rabat où Yves travaillera au lycée français en tant que professeur de mathématiques et de physique pendant six ans.
Il en profite pour s’investir dans les projets du lycée et dans la création d’un réseau informatique pédagogique ouvert aux élèves.
“J aime bien enseigner mais aussi développer” nous confie t-il.
Au Laos depuis onze ans
A l’issue de ce contrat, ils ont eu envie d’en profiter pour changer à nouveau de vie et découvrir un autre continent, l’Asie.
Une opportunité se présente au Laos, au lycée français de Vientiane, la capitale du pays.
Yves s’investit énormément dans le développement de l’établissement et sa mise aux standards européens avec l’équipement informatique nécessaire.
“Quand nous sommes arrivés ici, nous nous étions fixé une durée de cinq à six ans mais c’est un pays qui est très attachant” nous explique t-il. «Ici la vie est simple… pas stressante ». Même si l’arrivée dans ce pays a été un nouveau challenge :
« Nous avons eu énormément de choses à assimiler en peu de temps”. La langue et l’écriture entre autres, une nouvelle culture tout simplement. “Les premières étapes ont été vraiment passionnantes… De tous les types de cultures que nous avons côtoyés depuis longtemps, c’est certainement la culture laotienne qui était la plus éloignée de la nôtre”.
Depuis leur arrivée, ils sont témoins de l’essor du pays: « La ville (Vientiane) s’est développée de façon exponentielle”.
L’arrivée des nouvelles technologies, la circulation dans les rues mais aussi les équipements en général sont en plein boom depuis quatre ou cinq ans.
La Bretagne, un lien familial fort
Le couple a choisi cette vie à condition d’avoir la possibilité de pouvoir rentrer l'été une fois par an en France.
« La Bretagne me manque mais notre vie ici m’apporte énormément et chaque été, c’est avec beaucoup de bonheur que je retrouve ma région », nous raconte t-il. Le lien est renouvelé chaque année car c’est aussi le bonheur pour Yves de revoir la mer.
“Ca fait un peu mal au cœur de la quitter (la Bretagne), on vit sur cette petite nostalgie et on est d’autant plus heureux de la retrouver”.
Il n’existe pas de structure ou d’association de Bretons à proprement parler au Laos, le pays est petit, à peine six millions d’habitants et il n’y a pas assez de monde pour faire vivre une association mais les gens se connaissent. “Je suis toujours heureux de rencontrer des gens en général, des compatriotes en particulier”.
Yves joue de la bombarde et écoute radio Kerne dès qu’il le peut. « Je comprends assez bien le breton mais je ne le parle pas ».
“La langue bretonne fait partie de la famille”, son frère est professeur de Breton dans une école bilingue et sa fille très impliquée et intéressée par la culture bretonne.
Projets d’avenir
Un retour en Bretagne ? « Pourquoi pas » nous répond Yves.
Mais certainement pas pour l’instant. On peut sentir que ses attaches pour le Laos sont bien réelles et qu’il lui reste encore des choses à faire et à découvrir. Il travaille d’ailleurs sur le projet d’extension et d’agrandissement du lycée français qui accueille presque cinq cents élèves chaque année.
Un mixte donc entre deux cultures si différentes ! Ce couple a sans conteste trouvé une forme de stabilité entre ces deux pays qui lui tiennent à cœur.
Nous sommes assis à la terrasse d’un café en bord du Mékong, le soleil se couche déjà, il est bientôt temps de nous quitter. Les dernières paroles d’ Yves nous trottent dans la tête : “Ce n est pas évident de trouver un pays qui est aussi agréable à vivre que le Laos”. Et nous le comprenons aisément !
16:47 Publié dans Portraits de bretons | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note









Commentaires
Passionant! ca me donne encore plus envie d'aller au Laos! plus que qq mois......
Écrit par : Aurelie R. | 27.05.2011
Merci Aurelie! Tu peux aussi jeter un coup d'oeil a nos posts sur notre passage au Laos et a l'album photos... Histoire de te mettre en condition pour ton prochain voyage! ;-) Tu vas adorer, c'est un pays magnifique!
Écrit par : Eric & Julie | 27.05.2011
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